
Depuis maintenant plusieurs mois je chérissais l'idée de faire un trek en Patagonie, dans le parc national Torres del Paine au Chili. Au dire du guide voyage Lonely Planet ce parc devait être l'un des plus beau d'Amérique du sud. Le plus beau? ... certainement pas, mais tout de même exceptionnel et offrant assurément son lot de difficultés.
Jusqu'à maintenant, les treks que j'ai fait au Péru et en Bolivie étaient des treks guidés. Je n'avais pas à me préoccuper de la nourriture, du matériels et de leur transport. Dans quelques uns des treks il y avait même des mules et des ânes pour transporter le matériel. Pour ce trek, je n'étais pas guidé alors je devais m'occuper de louer le matériel, d'acheter la nourriture pour huit jours et de transporter le tout. Je devais aussi trouver un partenaire puisqu'il n'était pas recommandé de faire ce trek en solo à cause des danger d'accidents. J'ai donc mis une annonce dans une hostel où la majorité des trekeurs vont pour assister à une séance d'information. Le lendemain j'avais un courriel d'une canadienne intéressée... Quelle chance ? non, pas vraiment ! Je peux dire que c'est la première et dernière fois que je fais un trek avec quelqu'un que je ne connais pas au préalable. C'était, somme toute, une fille qui parraisait bien au premier coup d'oeil, que la majorité trouvait sympathique, mais qui avait une personnalité très différente de la mienne. Sans doute que le fait qu'elle ronflait comme un tracteur dans la tente et qu'elle avait des comportements et des manies un peu étranges du genre qu'elle voulait monter sa tente seule (sans aide) et prendre un photo aprés, qu'à la sixième journée nous pouvions prendre une douche et qu'elle trouvait que ça ne vallait pas la peine, qu'elle avait à peu près autant de poils en dessous des bras que moi, qu'elle se changeait tout pognée comme une sardine dans son sac de couchage, et j'en passe... n'a pas aidé. Tout de même, après quelques jours, j'ai appris à la connaitre et après un moment la relation s'est un peu améliorée. A la fin, nous étions une équipe presque efficace... j'ai juste du faire preuve de beaucoup de patience. Mais ceux qui me connaisent savent que j'ai toujours eu un niveau de patience hors du commun dans la vie ,)
Voici un résumé du trek... je mettrai une carte du parc qui permettra de suivre la route en fonction des campements mentionnés :
Jour 1 : Levée à 6h30 du matin et petit déjeuner à l'hostel. Ce sera le dernier bon petit déjeuner que j'aurai de la semaine avec pain, oeuf et céréal! ... A 7h30, l'autobus est à la porte pour nous amener jusqu'à la Laguna Amarga d'où nous pouvons commencer le trek... La première journée est plutôt tranquille. Nous pouvons appercevoir les tours au loin, mais sans plus. Nous marchons d'abord dans un champ et ensuite le long d'une rivière jusqu'au campamento Seron. Le campement est le pire que nous rencontrerons dans notre voyage. Très exposé au vent (et il ventait en cr...) avec un 10 minutes de marche pour se rendre à la rivière (seul accès à l'eau). Première nuit avec ma compagne ! Je l'ai évidemment aidé avec la tente, mais en voyant qu'il y avait qu'elle chose qui la dérangeait. C’est seulement le lendemain qu’elle me dira qu’elle préfère monter la tente seule. Plus tard je l'ai vu pour la première fois faire la sardine dans son sleeping bag pour se changer et entendu, aussi pour la première fois, son petit ronflement délicat qui ressemblait étrangement au doux grondement d'une tondeuse à gazon...
Jour 2 : Au matin la pluie a commencée. Après un déjeuner sous la pluie nous avons pris la route vers le refugio Dickson. Cette journée sera la dernière où je marcherai avec ma compagne. Ça devient claire que nous n'avons pas le même rythme. Elle marche vite et prend des pauses tous les 10 minutes alors que je préfère marcher à un rythme plus lent, mais constant. En plus, le poid de mon sac se fait vite sentir sur mes pieds ! Très rapidement, je me retrouve avec quatre ampoules qui me font souffrir. Cette journée sera parsemé d'une belle rivière et de montagne enneigées à moitier caché pas les nuages. Les deux dernières heures de marche seront très souffrantes pour mes pieds, mais à la fin de la journée, le refugio aux airs de chalet rustique nous attend avec un poêles à bois qui sera très apprécié pour faire sécher nos bottes et notre linge.
Jour 3 : A notre réveille il pleut toujours ! Mais nous n'avons qu'une petite journée de quatre heures de marche à faire jusqu'au campement Los Perros. Mes pieds se portent bien en début de journée, mais me font souffrir dans les derniers heures. Il mouillera toute la journée, mais la dernière section du trajet sera agrémentée par le glacier Los Perros. Le campement nous réserve un habris avec un méga poêle qui nous gardera au chaud et à l'habrit pour la soirée.
Jour 4 : Premier matin où nous devons mettre le réveille ! A 8h30 nous prenons la route pour affronter le paso. Dans cette section du parcourt nous pouvons rencontrer toute sorte de températures... Sans surprise, après deux jours de pluie, la route est bouetteuse et très glissante en partant. Ensuite elle se transforme en un amoncellement de pierres qui s'étend dans toute la montagne. Dans cette section, nous tombons dans une méga tempête de neige et il devient très difficile de voir les marques oranges qui indiques le chemin. Sincèrement à se moment, je me demande réellement pourquoi je me suis embarqué dans cette aventure qui, jusqu'à ce moment, m'a fait souffrir et sans plus ! Il fait froid, mais c'est tellement exigent physiquement que mon linge deviens vite tout mouillé. Un peu avant d'atteindre la passe, je prend une pause bien méritée, mais rapidement je sens le froid qui me transperse les os. Heureux d'avoir un autre t-shirt sèche, je me change rapidement dans le froid et je reprend la route... Au dessus de la passe, le temps change subitement ! La neige cesse et une vue incroyable du glacier Grey soffre à moi. Enfin récompensé pour le travail accompli, je me sens subitement porté par l'immensité du paysage qui me fait oublié toute la souffrance de la montée ! ... Ensuite c'est la descente ! Une descente interminable jusqu'au lac Grey dans lequel le glacier perd de sa grandeur à chaque jour. Pendant la descente, je peux entendre des morceaux du glacier qui se brise dans le lago faisant un bruit énorme ressemblant à un coup de tonnerre. Nous marcherons jusqu'au campamento Los Guardas où nous passerons la nuit.
Jour 5 : Au matin, la température s'est grandement améliorée. La pluie a cessée et il semble que la journée sera belle. Nous entamons le circuit W, celui fait par la majorité des touristes. Donc à partir de cette journée, nous nous attendons de rencontrer davantage de gens sur la route. Nous descendons pendant cinq heures pour se rendre au Refugio Pehos où nous prenons une pause de près de 2h30 au soleil. En chemin, je rencontre Neil et Charlotte ! Le couple hollandais que j'avais d'abord rencontré à Sans Paolo au Brésil, ensuite à Puerto Iguazu en Argentine et voilà que, par hasard encore une fois, je les rencontre de nouveau sur la route ! Au refuge, je lave mes bas et je fais sécher tous mes vêtements. Le soleil ! Je pourrais rester là toute la journée, mais nous devons prendre la route si nous ne voulons pas marcher de noirceur. A 18h nous nous dirigeons vers le campamento Italiano. A plein régime, cette route qui aurait pu être de deux heures sera d'à peine 1h15min. A notre arrivée, Neil et Charlotte sont déjà au campement. Nous préparons rapidement le souper en leur compagnie avant la noirceur et très tôt nous allons dormir pour la nuit.
Jour 6 : Le sixième jour consistait en un aller-retour au campamento Britanico afin d'aller explorer la vallée française. Cette journée ensoleillée sera la plus belle du trek. Pendant cette journée, j'ai rencontré beaucoup de gens avec qui j'ai partagé des moments magiques. Je dis magique parce qu'il y a plusieurs jours au cours d’un long voyage où nous ne rencontrons personne et soudainement une journée il semble que tous veullent faire ta connaissance et passer un bon moment en ta compagnie ! C'est assez particulier ;) La vallée française était grandiose et le soir j'ai pris une douche chaude et un souper chaud (et deux bière !) au Refugio Los Cuernos en excellente compagnie. Soit avec Emy, une américaine d'origine chinoise, un couple américain très sympathique et deux portugais. On a bien mangé et passé du bon temps ensemble. C'était semblable à ma dernière soirée passée à Buenos Aires... tellement trop cool ! J'avais d'abord rencontrée deux filles du Danemark vraiment sympathique en début de soirée ensuite j'avais passé du bon temps avec Austin (un américain) et Sheyla (une Péruvienne) dans un petit bar jusqu'à tard dans la nuit !
Jour 7 : Tous le monde appréhendaient la septième journée pour la longue montée jusqu'au campamento Torres. Mais personnellement j'attaquais cette journée avec grand plaisir puisque je préfère les montées aux descentes. D'abord, parce que je suis beaucoup plus rapide en montée et surtout parce que j'ai beaucoup moins mal aux pieds et aux articulations. Encore une fois la journée à été très ensoleillée, mais en fin de parcourt, très venteuse. Un vent tellement puissant qu'on a l'impression que quelqu'un te pousse de tous les côtés. En fin de journée, nous avons monté voir les tours et avons eu la chance de les voir à travers les nuages.
Jour 8 : Cette journée a commencée par un bémole que je regrette encore. En soirée (jour 7), le gardien de parc nous a dis que les tours allaient sans doute être dans les nuages au matin et que ça ne vallait pas la peine de se lever pour aller voir le levé du soleil sur les tours. Avec la fatigue accumulée, ce commentaire a suffit à nous garder au lit au matin. La désolation est que nous ne pouvions pas avoir un meilleur matin pour voir le levé du soleil ! Les tours étaient illuminées dans un ciel orangé incroyable... je le sais parce que j'ai vu des photos. Mais malheureusement je n'étais pas là en personne pour contempler le paysage. Le reste de la journée a été une descente jusqu'à la Laguna Amarga pour prendre l'autobus et revenir à Puerto Natales.
Ce trek a été une autre expérience incroyable, mais physiquement très difficile. J'ai eu mal aux pieds et aux épaules pendant tous le voyage et comme je dormais mal, la fatigue accumulée a accentué le degré de difficulté. La Patagonie n'est pas la Bolivie ou le Pérou ! Les paysages sont glacials et la faune très similaire à celle du Canada. En fait, la similarité est spectaculaire considérant qu'elle se trouve à l'autre bout du monde ! Au début du trek j'avais parfois l'impression de marché en forêt au Québec.Vous pourrez le constater sur les photos.
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